Toute l'actualité des jeux pour Mac !
87
Technique
81
Design
91
Interet
  • Escape from Monkey Island
  • éditeur : Aspyr
  • distributeur : Apacabar
  • type de jeu : Aventure
  • configuration : Un PowerPC G3 à 233 Mhz (recommandé: 333 Mhz), une carte 3D 4 Mo (recommandé: 8 Mo), 64 Mo de RAM (recommandé: 128 Mo)
  • version de test : Version Française
  • les +/- :
    + Un humour aussi crétin, ça ne devrait pas exister
    + La traduction française très bonne
    + Difficulté bien dosée
    + Les duels d'insultes
    + Y a des singes partout!
    - Positionnement du personnage parfois délicat
    - Expressions des visages un peu figées
  • fiche de screenshots : Disponible

[16/03/2004 - ]

Rhaaa des singes! Encores des singes! Toujours des singes! Et ça fait 4 épisodes que c'est comme ça... Décidément les Caraïbes ne sont plus ce qu'elles étaient... D'un côté des invasions d'orang-outans, de l'autre des pirates qui se relâchent, le grog qui devient frelaté, des cadres pirates dynamiques autrefois gérants de chantiers navals qui se reconvertissent dans la multipropriété, quand ce n'est pas carrément dans l'attraction pour touristes... Même les plus puissants pirates militent pour le droit à la retraite anticipée, pendant que cet état de déliquescence général semble arranger quelques uns. La piraterie est en voie de disparition. Il faut un superhéros, un Homme, un vrai, pour la sauver.

Heureusement, on a ça en magasin

Guybrush Threepwood, vous avez déjà entendu parler? Si vous avez joué aux deux premiers volets de la série (voire au troisième, bien qu'il ne soit jamais sorti sur Mac), alors vous avez forcément appris à connaître cet antihéros, faible, lâche, un peu crétin sur les bords, et "au nom absolument inprononçable" comme il l'admet lui-même.
A la fin de Monkey Island 3: The Curse of Monkey Island, Guybrush partait en lune de miel avec sa dulcinée, Elaine Marley, accessoirement gouverneur de l'île de Mêlée. Quelques temps plus tard, après moult abordages, pillages et autres activités saines de la vie de flibustier, Guybrush et Elaine retournent sur l'île de Mêlée... pour la retrouver dépeuplée. De plus, ils apprennent que l'hôtel de ville, ne voyant pas revenir leur gouverneur de sa lune de miel, ont déclaré Elaine morte! Et ont décidé de faire détruire le manoir du gouverneur et de lancer des élections. Nos héros ont du pain sur la planche pour tenter de récupérer les choses, et ce faisant, Guybrush découvrira une sombre machination qu'il devra déjouer. Mais chut, n'en dévoilons pas trop...

Pas facile, la vie de héros

Voilà bien (trop) longtemps qu'on n'avait pas vu un jeu LucasArts sur Mac. Pour les nouveaux venus qui n'ont jamais entendu parler des Sam & Max, Day of the Tentacle ou Full Throttle, je rappellerai juste que les jeux d'Aventure LucasArts ont toujours eu quelques constantes: un certain classicisme du concept (la trilogie énigmes, objets, dialogues), un design général très "cartoon" et surtout un humour particulièrement débile... Escape from Monkey Island ne fait pas exception à la règle.
Notre héros n'est pas au bout de ses peines, et en plus de résoudre des énigmes en tous genres, il lui faudra montrer ses capacités au désormais célèbre duel d'injures, jouer de son charme naturel sur la population féminine des Caraïbes (avec généralement aucun effet du tout), expérimenter les effets des lois de la relativité, s'entraîner au plongeon olympique... Il apprendra même une technique d'arts martiaux vieille comme l'apparition de la vie chimpanzée sur Terre, appelée le Monkey Kombat.

Comment qu'ça s'joue?

Comme dit plus haut, Escape from Monkey Island est dans la grande lignée des jeux LucasArts, et on retrouve toute une série de commandes qui sont devenues intimement liées au genre: prendre, utiliser, examiner, parler... sans oublier un inventaire qui se remplira rapidement de bricoles en tous genres, souvent stupides, parfois même totalement inutiles (je garderai longtemps le souvenir d'un magnifique assemblage de prothèses expérimentales).
Il y a tout de même un changement de taille par rapport aux anciens jeux LucasArts: par défaut, la souris n'est pas utilisée (elle peut être utilisée pour les déplacements du personnages, mais c'est tout). En clair, toutes les actions passent par le clavier, et c'est lorsque le personnage passe à portée d'un élément digne d'intérêt qu'une commande "regarder xyz" apparaîtra au bas de l'écran. Ce système déroute un peu au début, mais on s'y fait vite. De plus ce système rend impossible la technique dite "d'Alzheimer", généralement utilisée dans ce genre de jeux: cliquage frénétique de tout ce qui peut apparaître à l'écran.
Il y a cependant un inconvénient: les mouvements du personnage sont gérés à l'aide des touches du clavier, et il arrive parfois que celui-ci (le personnage, pas le clavier) soit bloqué par un obstacle ou que les mouvements ne répondent pas correctement. Je vous rassure, c'est peu fréquent, mais c'est très énervant quand ça arrive. Dans le même genre, des personnages du jeu bloquent parfois le héros. Généralement ils dégagent le chemin automatiquement après quelques secondes, mais il m'est arrivé une fois d'être totalement bloqué. Avec une crise de nerf à la clé (sauvegardez fréquemment, on ne le répétera jamais assez).

Considérations artistiques

Comme dit plus haut, Escape from Monkey Island adopte un style cartoon très proche de ses illustres prédécesseurs. A un détail près. Les décors sont en 3D précalculée, et les personnages sont en 3D "temps réel". Le résultat donne une identité graphique très marquée, toute en courbes. On aime ou on n'aime pas, personnellement j'ai trouvé le style graphique du jeu très agréable.
Autre chose: la version testée est la version française du jeu et... chapeau bas aux traducteurs. J'ai rarement vu un travail de traduction aussi bien fait sur un jeu vidéo. Il y a globalement très peu d'erreurs de sens (courantes sur tant d'autres jeux), orthographiquement parlant c'est impeccable, et les traducteurs se sont même payés le luxe de "franciser" (voire peut-être d'ajouter) certains jeux de mots. Ou alors c'est que la culture générale des Américains est bien plus profonde qu'on ne le pense, et qu'il connaissent aussi le Musée Grévin ou Hélène et les garçons...
Enfin, mention spéciale aux voix, souvent choisies avec justesse et bien jouées.

Parlons technique

Comme Escape From Monkey Island est un jeu en 3D (tout du moins en ce qui concerne l'affichage des personnages et de l'inventaire), le passage par une carte 3D est nécessaire.
Westlake Interactive conseille une Rage Pro au minimum, et une Rage 128 ou mieux pour être à l'aise. En ce qui concerne les cartes 3Dfx, je suis plus dubitatif: autant la démo fonctionnait sur une bonne vieille Voodoo2, autant le jeu complet a refusé de se lancer. Prudence donc.
Malgré tout, la config minimale est vraiment... minimale (G3 à 233 Mhz, 64 Mo de RAM) et la config pour être à l'aise n'est pas effrayante (G3 à 333 Mhz, 128 Mo de RAM).
Autre chose: si vous le pouvez, allouez quelques Mo de plus de RAM au jeu... Il m'est arrivé d'avoir quelques phases de ralentissement intense après une longue séance de jeu. Après avoir alloué 120 Mo de RAM au jeu, Pouf! plus aucuns problèmes.
Le jeu n'est pas directement compatible MacOS X, malgré tout je n'ai eu aucun problème à le lancer sous émulation Classic.
Enfin, les développeurs de Lucas Arts ont tenté d'intégrer un mode multijoueur dans le jeu... "un mode multi dans un jeu d'aventure!?, il est pas bien lui!..." Jetez donc un oeil dans les options, sous "Options Super Whizz", pour voir ;)

Pour finir

Ce quatrième volet de la série des Monkey Island est une réussite. Les années n'ont pas enlevé aux créateurs de LucasArts leur humour et leur impertinence. A noter encore une chose: la difficulté est bien réglée, commençant avec des énigmes assez simples et augmentant la difficulté au fur et à mesure. La fin réserve quelques beaux casses-têtes, vous pouvez me faire confiance...
Bref un excellent jeu d'aventure, avec une très bonne durée de vie, et très bien traduit en français. A ne pas rater pour tous les amateurs de jeux d'aventure (et pourquoi pas les autres aussi?).

Grands merci à Clélia, ma petite soeur, qui m'a bien aidé avec sa grande connaissance des jeux d'aventure et sans qui je n'en serais même pas à la moitié du jeu :)